Le Buffle et la Crépidule

Vous autres qui savez vivre et jouir, vous autres crédules et incrédules,

Entendez l’histoire folle et légendaire,

Qui parcourra bientôt les ères,

De ce Buffle magnifique et de sa Crépidule.

Personne sur cette Terre n’eut pu imaginer

Pareille entreprise sinon nos poètes d’alors,

A l’instar de Zeus en Taureau ou en pluie d’or

Métamorphosé, conquérant Europe et Danaé !

Cependant, c’est bien dans les sphères Célestes

Où les êtres d’en haut, sur les destinées se concertent,

Que fut décidée cette rencontre irréversible !

Ainsi, un soir d’été, à l’heure où le monde manifeste

Dans les dernières lueurs solaires sensibles,

Que se produisit la volonté divine et experte !

Un Buffle, donc, sur sa piste trouva une petite chose,

Pas plus grosse qu’un bouton de rose,

Il l’observa de son regard fougueux mais délicat,

Et le Buffle ainsi s’interrogea :

« Tiens, dit-il, quelle drôle de créature

Sur mon chemin s’aventure !

Si petite, si frêle, si greluche et si belle !

Viens, agrippe-toi, je t’enlève ! »

La petite Crépidule, perdue sur cette terre,

Tout d’abord, n’entendit qu’un tonnerre.

Elle en fut toute apeurée, toute esseulée, toute fragile,

Mais, ai-je besoin de vous rappeler que la volonté des Anges est indestructible ?

Alors, par magie, ce tonnerre irradie comme un écho de velours

Dans les petites oreilles du coquillage,

Et doucement, progressivement apprécie et savoure

L’odeur chaude et la stature ardente du Buffle des alpages.

Les voies du Seigneur sont impénétrables !

C’est ainsi que Crépidule, sur son Buffle, s’élance magistrale,

Cligne d’un œil, puis deux

Et les voilà amoureux.

L’intime pudeur me défend ici de décrire leur ébat,

Vous laissant à loisir imaginer cela.

Après leur étreinte, donc, ce Buffle soyeux assoupi

Sourit.

Sa vigueur encore visible

En une aura volubile

Danse au-dessus de sa couronne de Roi,

Tandis que Crépidule, dans sa tête débat,

Bercée, l’âme rêveuse,

Imagine les mille futurs rodéos

A la force d’une météorite dans un cours d’eau,

Pleurant, en songeant à cette perspective heureuse.

« Est-ce possible qu’un tel bonheur assouvi

Puisse être absolument infini ?

Se peut-il qu’un tel bonheur indicible

Demeure ainsi invincible ?

Et qu’après mille jours, mille mois,

Subsiste et résiste tant d’émois ? »

Mais je dois là achever leur histoire épique :

Après mille jours, après mille mois, les observant d’en haut

Faucheuse, cette fâcheuse, vint enlever leurs vieux os,

Les séparant l’espace d’un infime instant tragique.

Alors pour mille heures, milles ans,

Ils se retrouvent fébriles et joyeux

Dans le Paradis merveilleux,

Vivant d’amour éternel et puissant,

Qui du reste, sur Terre, n’avait jamais pris fin.

Vous autres, qui sur Terre demeurez,

Croyez bien la morale, enfin,

Que cette fable m’oblige à vous énoncer :

L’amour est une création sans borne

Pourvu que l’on s’en empare, qu’on le pare, le sublime et l’orne

De Beautés, de ravissements, d’enthousiasme et de volonté !

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2016

L’enfant est mort ce matin
Il avait regardé le monde rougir
Il avait regardé le monde rugir
L’enfant est mort ce matin

L’enfant connaît la peur
Il la sait lorsque le danger imminent
Est prêt à charger, à serrer les dents
L’enfant connaît la peur

Vêtu d’innocence, il n’est encore qu’une onde
Qui malgré la lucidité, continue de rire
Qui malgré ses vifs élans sait qu’il risque de frire
Vêtu d’innocence, il n’est encore qu’une onde

Le terrain béant sous ses pieds d’enfant
Il est Capitaine d’un radeau qui dérive
Il est Poète et déclame ses rimes, ivre
Il est Circassien dans les décombres de poussières
Il est le Père de tous les hommes et femmes d’hier
Il est farceur, dompteur, guetteur, jongleur
Sur ce terrain béant, le terrain de jeu des enfants

Tandis qu’il joue sur la balustrade
D’une maison bancale écroulée
Tandis qu’il est un super héros à la cape dorée
Explosent au-dessus de lui des pétarades

L’enfant est mort ce matin
L’enfant est mort un matin
L’enfant sera mort demain
L’enfant sera mort en vain

Car ni d’hier, ni d’aujourd’hui
Les bombes s’éteindront
Et les avions atterriront
Car ni hier ni aujourd’hui
Les hommes ont protégé de leur bombes leurs enfants divins

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Mamuse

Cache-moi des choses

Dis-moi tout à demi

Prête-moi appui

Que j’ose

Même la nuit

Devenir cette jeune rose

 

Garde puissamment tes jardins

Et dévoile-moi tout à tâtons

Des lunes aux sommets des tétons

Qu’à l’effleur de tes mains

Sous un souffle païen

Nous nous reconnaissions

 

Mens-moi sans scrupule

Invente-moi d’étranges histoires

Que les oreilles encensent, la durée d’un soir

Désarmées de l’opercule

Que par tes secrets hulule

La jouissance notoire

 

Oui. Cache-moi des choses

Dis-moi tout à demi

Que j’imagine le fruit

La rime et la prose

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Me vois-tu – Kass Dédi aux élèves de 5e

Au cas où tu ne me vois pas, ni mes yeux doux

Ni mes mines de rêves, ni ma chevelure,

Tu es de tous, le plus idiot! Je te le jure!

Mes moues sont des sourires qui font des bisous

 

Ils volent dans les airs s’apposer sur tes joues!

Alors je t’aperçois, éperdue, toute frêle,

Et de peur et d’amour, tant c’est pur et réel,

Je n’ose pas te demander un rendez-vous

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FUTURS

Allez! Viens!

Ce matin, je te dis Allez! Viens!

Nous inventerons la vie! Nous nous en parerons, vêtement vital insufflé de l’éther même!

Nous serons cigales!

Allez! Viens!

Faisons vibrer nos guimbardes! Prenons l’odeur du lichen et des herbes vertes!

Et invisibles! Oui! Et nous serons invisibles à ce monde de manipulations!

Aurons-nous indéfiniment peur d’être radicalement ce que nous sommes?

Aurons-nous si peur d’endosser nos convictions, comme la seule vraie parure de l’homme de nerfs, de muscles, de chair et d’os?

Allez! Viens! Fusionnons avec l’éther! Toi! moi!

Mariés par l’âme et dévots éternels de l’amour pour l’amour!

Nous serons Amour!

Que pouvons-nous offrir à la Terre qui ne soit plus nécessaire? Plus bénéfique que l’Amour?

Que pouvons-nous offrir à Dieu? Notre Seigneur? L’éternel? Sinon nos actes d’Amour, de vie, et nos chants jusqu’à lui?

Ensemble, nous sommes forts, un Léviathan, une bête d’Amour, dévots de l’amour pour l’amour!

Allez! Viens!

Se croire, se sentir s’inventer et s’adonner à la liberté ne serait qu’une illusion?

Allez! Viens! Ensemble

Faisons jaillir de nos coeurs des soleils qui sourient

Des mots qui chantent le pardon des âmes à la dérive

Qu’elles puissent suivre l’écho des prières proférées par les dévots de l’amour pour l’amour!

 

 

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SIDNEY H. SIME 1867-1941

” (Trouvé dans les papiers du défunt Francis Wayland Thurston, de Boston) ” On peut concevoir la survivance de forces ou d’êtres semblables…, la survivance d’une époque infiniment lointaine où … la conscience se manifestait sous des formes qui se sont depuis longtemps retirées de la surfa ce du globe devant le flot montant du genre humain…, formes dont seules la poésie et l légende ont conservé un souvenir fugace pour en faire des dieux, des monstres et des créatures mythiques de toute espèce…” Algernon BLACKWOOD” in Le mythe de Cthulhu de H.P LOVECRAFTSidney Sime - 3Sidney Sime  - 4

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Flâneurs! Flâneuses!

Flâneurs, flâneuses des ères
Entends ! Toi ! le bohème qui sourie à pleines dents !
Qui pleure aussi devant les éternelles discordes !
Je te balance tout ! car ce soir ! Moi ! Prophète !
Toi ! Amoureux ! Amoureuse ! Elle ! Lui ! de tous ceux qui dansent et chantent pour Dieu !
Vous serez les apprentis, les élèves
Vous apprenez déjà à toucher les cieux
Ces cieux tapis dans la nervure de nos corps
Amoureux et Amoureuses des ères !
De graves heures galopent sur les chevaux du temps,
Dans un épais nuage de poussière, elles galopent
Et sonneront bientôt le glas des valeurs anciennes, des cultes ancestraux,
Partout des Eglises fleuriront vainement, luttant contre l’oubli
Car les coffrages de la nouvelle pensée se bâtissent à l’ombre
Et s’établissent et s’enracinent
Amoureux et Amoureuses des ères,
Tu vois loin d’ici, là où exactement nous nous trouvons !
Tu vois l’horizon du demain
Et tu aimes sans fin !
Flâneurs, flâneuses des ères,
Persiste car tu traverseras le temps

L ‘égrégore, en masse autonome, se forge !
Comme hier, comme demain, aujourd’hui
Les idées nouvelles en bouquet s’étoffent et jaillissent
Dans deux ou cinq siècles elles seront passéistes !
Mais toujours, toi ! Lui ! Elle ! Flâneurs, Flâneuses des ères
Tu maîtriseras la foi et l’amour
Et contamineras alors tout le mal de ton embrasement invincible !

Alors, marche ! Danse ! Pleure ! Chante ! Ris !
Souffle et inspire ! Offre toutes les énergies au monde qui t’a vu naître
Et qui verra ton corps disparaître, offre toutes les énergies à celles de demain
A ce qui est en train de venir, d’éclore et de surgir
Pour tous les enfants des siècles!

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Tracés régulateurs

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Neige en mai – Nantes – 2015

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REQUIEM

Aux abords du ralliement des Sphères, l’ange de la mort prie
Sa voix résonne au seuil des mondes, Il dit :

« En fontaine de pluie qui dilue les lumières, je viens laver les corps qui meurent
« Je suis toutes ces averses
« J’emporte avec moi les âmes
« Je les fais passer dans l’espace et le temps
« Dans les herbes et les vents

«J’embaume d’eau les âmes pour qu’enfin
« Revenues à la racine innocente des vastes champs de vie
« Elles s’insinuent dans la Terre

« O belles âmes diluviennes

« Elles s’insinuent dans les sillons des roches
« Et bientôt referont surface en vapeurs nacrées en odeurs d’éther
« Ici-bas, sur cette Terre
« Et j’inonde les forêts et les déserts
« Et emporte avec moi les âmes allégées et libérées du poids du corps
« Elles volent dans l’espace le temps les herbes les vents
« Lavées de tout le passé

« Je plonge dans le cœur des vivants
« L’empoigne et lui demande
« vas-tu lâcher ? vas-tu lâcher ? Lâche l’incarnation qui doit rejoindre les cieux fleuris
« et pleure
« Trempe et détrempe les heures et va pleure les âmes

« La renaissance est proche
« Lâche lâche l’averse
« Versons ensemble les eaux du matin
« Pour tous les espoirs d’aurore
« Que seront les lendemains

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H.D

Bien avant qu’ils ne nous amadouent

Nous languissions dans les langes de nos mères, bercées

Tu m’as amadoué un jour d’averse

Tu m’as amadoué

 je me suis figée

En chat de bambou oriental

O continuez à amadouer

Soutirant la douceur brute d’innocentes sauvages

Ils les amadouent, les amadouent

Elles

Sont percées en plein cœur

Vous amadouez à en défaire nos frisettes de nitouches

Nous lâchant le zest

Nous

Fermons les yeux le dos en ondulant

Détour, parade

Nous faisons la roue d’idéales banquises

Faces de pinsons d’amour

Nous jouons les saynètes où ils amadouent

Et elles bercent, elles bercent

Leurs peines, leurs humeurs et leurs peurs

A l’instant où je lâche le mystère

Tu as finis de m’amadouer

Nous sourcière n’abuserons pas de vos semences, ni de vos rancunes

N’ayez crainte

La source en nous placide ne jaillit pas sans liqueur

Dont nous seuls,tous, détenons le fil fertile

Cette graine

Cette matière

A eux, à nous, une Terre

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Hang on to the dream

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Psaume 150 – Bible de Darby

Louez Dieu dans son saint lieu! Louez-le dans le firmament de sa force!

Louez-le pour ses actes puissants! Louez-le pour l’étendue de sa grandeur!

Louez-le avec le son retentissant de la trompette! Louez-le avec le luth et la harpe!

Louez-le avec le tambourin et la danse! Louez-le avec des instruments à cordes et le chalumeau!

Louez-le avec les cymbales sonores! Louez-le avec les cymbales retentissantes!

Que tout ce qui respire loue Jah! Louez Jah!

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Michel Collon

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Fussing and fighting – Bob Marley

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splatch

o yeh, jah!

jah! yeh!

Beautiful sun in the heart

shinning across the sky

the company of angels

sweet sweet angels on earth

standing in mine brain

sinking as a green blood in all my body fire

green blood and beautiful hair in the wind

o yeh

Soon soon on earth

Musicians, poets and farmers and ingeniors

one one all together oy yeh

o beautiful world

o yeh

Earth

On the Eden

Beautiful hair in the wind

mooving in the air

as a sea

Eden and horses

we were dreams we were virtuality

now staying  on earth

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SUN RA

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brigitte fontaine

poète ô poète chante jusqu’à nous

que les oreilles encensent les ondes

que le corps demeure et l’âme voyage à travers les temps

ô brigitte fait danser tes eaux

grazie per noi

 

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NOUS SUR TOI

 

Encerclée de tourments

Tu t’embrumes

Terre Lourde

Et même tu t’aplatis

Seules poussent des oriflammes au travers tes territoires décharnés et pourris sous un soleil qui approche

Tu rejettes des gaz, tu boursouffles et enfle

Et bientôt PAF tu pètes

C’est ce que nous pensons nous sur toi

C’est ce que nous espérons même sur toi

Que tu nous fasses voler d’un éclat par-dessus nos pétarades

Ça nous déculpabilisera, sans doute, puisque nous ne serons plus là toujours

OUI qu’en un BOUM l’on se disperse propulsés subitement dans les univers et le territoire avec

Nous sur toi ne vivons plus la bouche sur tes cailloux et nos nez dans nos culs

Nous avons lissé nos cheveux de feuilles et enlevé nos lunettes noires sur nos pavés fleurissant

Nous sur toi avons vu tant de beautés nous nous les sommes pillées

Et avons accumulé la charge de rancunes

Que nous brandissons le poing levé

Nous sur toi

Terre lourde

Réclamant Justice

Ici, celle qui se tient comme une femme aux cheveux d’or ondulés, nue à la fraîche volupté faisant balancer selon son goût d’insipide bonasse le poids de la balance d’un côté ou d’un autre le sceptre à la main

Nous l’implorons

Nous témoignons

Nous aménageons la mémoire

Arrangeons les temps

Construisons les mondes de demain sans avenir

Sur des nids de haine

A la vitesse lumière

 

Encerclée de tourments

Tu t’embrûmes

Terre Lourde

Dans nos vapeurs chimiques

Dans nos reflets de baies technocratiques

De digues morales

De béton armé

Et d’armes fatales

Nous sur toi

Avançons sans lendemain

Car aujourd’hui est déjà demain qui est déjà passé

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Mémoire au dernier Brodersinger d’Europe Centrale

de MORDEHAÏ GEBIRTIG

1877- 1942. Juif polonais, ébéniste, musicien, homme de théâtre, il mit lui-même en musique nombre de ses poèmes. Poète de langue Yiddish.

http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/poetesyiddishs/mordecaigebirtig.html


Notre ville flambe

Ça flambe, mes frères, ça flambe,

C’est notre ville, hélas, qui flambe,

Des vents cruels, des vents de haine

Soufflent, déchirent, se déchaînent

Les flammes sauvages s’étendent

Aux environs déjà tout flambe.

Et vous, vous êtes là, vous regardez

Les mains immobiles

Et vous, vous êtes là, vous regardez

Brûler notre ville…

Ça flambe, mes frères, ça flambe

C’est notre ville, hélas, qui flambe

Et les flammes carnassières

Dévorent votre ville entière

Et les vents de colère hurment

Notre ville brûle.

Et vous, vous êtes là, vous regardez,

Les mains immobiles,

Et vous, vous êtes là, vous regardez,

Brûler notre ville…

Ça flambe, mes frères, ça flambe,

Oh l’heure peut venir, hélas

Où notre ville et nous ensemble

Ne serons plus rien que des cendres

Seuls resteront, comme après une guerre

Des murs noircis, des murs déserts.

Et vous, vous êtes là, vous regardez,

Les mains immobiles,

Et vous, vous êtes là, vous regardez

Brûler notre ville…

Ça flambe, mes frères, ça flambe,

Il n’est qu’un salut en vous-mêmes,

Prenez les outils, éteignez le feu

Éteignez-le de votre propre sang.

Vous  le pouvez, alors prouvez le!

Ne restez pas ainsi, frères, à regarder,

Les mains immobiles,

Frères, n’attendez pas, éteignez l’incendie

Qui brûle notre ville.

1938

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DAMBALA By NINA

Nina Simone, Dambala

On dit : Allez on se chauffe!

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63-16

Danse trombe et bonne bonne suite de pas

Tambours tambours

Battez

Et les pieds fracassez la Terre

Faîtes la vibrer

Des bruits des vacarmes des sirènes des volcans des réverbérations électriques

Oui dans la pulsation des veines

Entendez, l’écho d’une givre dans une chaîne

Dans des reliefs

Des bosses et des fougères rouges

C’est bien au loin que s’élèvent les buildings

Où fument les trains

et où s’agitent ces grues

au cou si raide

si frigide

Aux allures de masse.

Le souvenir des chroniques clouté sur les murs épais des villes

Et ces cloisons modernes qui s’écroulent au vent d’un seul pet de loup!

Encerclés d’une palissade construite de leur propre volonté

Gardés enfermés

Les hommes de l’espèce humaine

Sombrent dans l’ignorance et la vulgarité

Ces murs qui les dérobent à la Nature

Ces singuliers animaux, partout parmi eux tous

Ces animaux, les hommes

qui imaginent

qui inventent

qui se pensent

et qui vivent selon des rites

et même sans magie d’outre-tombe résuscitée

Développent des saveurs pures

éternellement humaine

Une ouverture, un rapport

Une aventure, un effort

De grandes bâtisses, de grands édifices, des monuments, ces tentes sur les berges des canaux

Enfoncent  les possibles dans le sol sale

Des possibles encastrés dans la jointure depuis des lustres, des pintades, des discours et des fioritures

Et s’échappent des humeurs d’ondes

La vie de ces hommes de l’espèce humaine

Les murs, ces cloisons infranchissables, sinon par la pensée,

Eradiquent jour après jour

Une foule bienveillante

Armé de respect

et des mots pleins!

Nous nous en conjurerons!

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SUR LES CADAVRES POUSSENT DES TETES NOUVELLES

Sur les cadavres poussent des têtes nouvelles

Qui louchent

Elles voient

Dans la nuit et à travers le clair du jour

Que toutes fondations oscillent et tanguent

Se contorsionnent

Et déchantent

Les communs eux

Qui regardent l’avant par derrière

Jouent

Indéfiniment

Un final d’ouverture

Et ces têtes nouvelles

Elles

nées de la poussière des os du passé

Entendent le seul sifflement des moineaux

Le matin au lever

Au large des lampadaires exténués

D’avoir tenu le quart en éclairant

Des rues si vides

Pour nous humains qui ont peur

Qui fêtent le début d’une fin

Irréelle

Et

Officiellement

Qui célèbrent l’âge qui avance et le calcul du temps

Du nouveau

Du pur du bon du beau

En espérance

Autour du cou

En groupe

En collectif

Et des feux d’artifices

Clamer toute une nuit

L’effervescence d’un espoir

Or que ce sont

Toujours des minutes

Des secondes

Des jours

Des mois

Des saisons

Des nuits

Et des moments entiers

Qui persévèrent

Et survivent

Aujourd’hui

Oui

En ce jour d’une fausse fin

D’un possible début

Sur des cadavres poussent des têtes nouvelles

D’hommes et de femmes

Nous-mêmes en neuf

En moderne

En progressif

Conscients

Au-dessus du panorama d’après

Visionnent les anticipations

Propulsent au-devant de leurs visages mêmes

Sur leur berceau funéraire

Ces cadavres, leurs futurs linceuls

Les envolées d’idées dans le champ des actes

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CERF VEAU D’U MAINS

En haut lieu des organes

Le cerf veau

L’un se tient

L’un se multiple

Le cerf veau domestique du zappé

Proche altitude des sommets du siècle

 

C’est en dépit du reptilien que l’on préfère les hémisphères

Que valent les brouillis du ventre face aux effluves bancales des idées volages

Et sans matière ?

 

Dans nos mondes modernes

Dans nos bribes d’esprits dispersés

 

Et nos ventres ?

Rien

Qu’un gouffre

Qu’une pauvre horloge

Qui tic et tac

Qui fripe et flope

Il n’existe qu’un taux minime de courses vives dans les épines molles

 

Car, ici,

C’est en un seul trait de crayon sur une simple feuille blanche

Que les humanités modernes gravent l’espace pour chasser

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Fraternité

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Le lac dans le bec et la gorge un univers

Les dormeurs des hivers, sur leur couche allongés

Puisent aux sources les énergies vitales des glaciers

L’eau en bloc à fondre dans les rêves de miel

Et pleurent des pluies diluviennes par leur ciel

Etoilé

Dans leur lit

Avec ou sans bruit

Les dormeurs des hivers sont des éradiquateurs

Ils écartent les naufrages en se faisant respirer le cœur

Ils épongent les leurres effacent les malheurs

Protègent les douceurs et perdent les rancoeurs

Voluptueux dans leur sommeil

Ils inventent des merveilles

Ce sont les petits créateurs des espaces parallèles

Les mains jointes inconscient des prières

Qu’en eux-mêmes ils profèrent

Ils paressent ils veillent somnolent

Partisans des rêves qui tissent les balises du réel

Autour de colonnes d’interrogations

Celles qui jaillissent des surfaces en stagnation

Dans le basculement des temps trop rapides

Les dormeurs des hivers

Recadrent

Enrobent

Etoffent

Développent

Inventent

Des réponses

Et l’âme s’apaise

Protégée des vaines contorsions de l’être

Les dormeurs des hivers, en suspens dans l’ère, dans leur nid étendus

Bercent les enfants à naître

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MéDéé DES ASTRES

Dans l’étroitesse de ses multiples mondes
Grondant dans sa poitrine des intempéries
Médée vrombit de la gorge et les orbites en relief sortant de la chevelure épaisse
Le geste peu sûr
Adroitement naïf
Hautement imaginatif
Et Hors de soi-même
Les ventouses de ses doigts cramponnés au manche de l’arme
Médée tremble du bras assassin
Inresaisissable
Elle éponge son front de cuir
Saisie à nouveau par la conscience chronique
Til-te propulsé
Vengeance
Vengeance pour la femme délaissée
Pour plus jeune, pour plus belle, pour plus riche qu’elle
Qui a tout offert tout donné
Tout voulu tout maîtrisé
Elle qui a inventé ce monde
celui qu’il ne voulait pas
Qu’il ne voulait plus
Dans son foie éclatent des discordes
Le geste peu sûr s’abat sur ses enfants
Ses propres enfants
Dans les souffrances d’une bête
Dans les hurlements et le sang des chairs fusionnées
Elle les tue
Les meurtrit
Les assassine
Vengeance pour la femme délaissée
S’épouse
Elle la mère et elle le monstre
Le Monstre
Né de la mort
Né de la vie
Un puits de cernes sous les yeux s’intensifie
Des commissures tombantes
Et du nez de la bouche des oreilles et des orbites
Une sombre bile
La rage la tourmente
Médée des astres
Ceinturant les vastes univers dans ses hanches voluptueuses
De jeunesse
Médée des astres
La charge de ton courage
Ta plus belle parure
L’orgueil ton ombre
Médée des astres
L’amante qui gouverne qui surveille qui vole la vie
Tourne dans le ciel sur un dragon protégée
Dans cette nuit noire sans étoiles

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IN SITU

Écrits des bas-fonds de torpeur et d’une misère affranchie
Vains sanglots des mers qui s’amoncellent, envahis
De pinces détachées, d’huîtres lépreuses, fruits d’une
Culture acharnée, pourrissante jusqu’aux racines capillaires, derme
Épidermique à s’en faire une croûte d’habit
Tout dur, terne, civilisé de surface, or que tout
Imprégnés de sauvages assortiments de cris
De bêtes asservies à l’environnement et soumis aux
Sens lourds, primordiaux, invisibles, inconscients, salutaires, ils persistent dans le
Déjà-vu, fuient l’inconnu et la peureuse / Masque de vanité honteuse
Encore toute là présente et tremblante, pareil à l’automne
Connu, se laissent embarquer par les fougues
D’accroches chlorophylles ou sanguinaires directement
Téléphonées qui agitent les pensées, ils agissent en
Auteurs de leurs actes, par trop ! hyper-barbares
De conscience, hyper-conscience qui tente de maîtriser même le
Vent et s’y croyant dedans planant comme une nuée
De grandes ailes chauves empaffées de
Poudres épicées, de racines-miracles, transportés par
De vagues brises oxygénées et de nuages secs
Nectar altéré des cieux
Puisses-tu rendre aux sphères une atmosphère dodue, une parole claire et que
Tu sauras raviver l’imagerie vive des
Êtres, sans craintes et en toute connaissance des élans du fondamental

Un corps entier

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TERRE DE SONGE

D’Edgar Allan POE, Poèmes
Traduit par Stéphane Mallarmé

Par une sombre route déserte, hantée de mauvais anges seuls, où une Idole, nommée Nuit, sur un trône noir règne debout, je ne suis arrivé en ces terres-ci que nouvellement d’une extrême et vague Thulé, – d’un étrange et fatidique climat qui gît, sublime, hors de l’Espace, hors du Temps.

Insondables vallées et flots interminables, vides et souterrains, et bois de Titans avec des formes qu’aucun homme ne peut découvrir à cause des rosées qui perlent au-dessus ; montagnes tombant à jamais dans des mers sans nul rivage ; mers qui inquiètement aspirent, y surgissant, aux cieux en feu ; lacs qui débordent incessamment de leurs eaux calmes, – calmes et glacées de la neige des lis inclinés.

Dans les lacs qui ainsi débordent de leurs eaux solitaires, solitaires et mortes – leurs eaux tristes, tristes et glacées de la neige des lis inclinés – par les montagnes – par les bois gris – par le marécage où s’installent le crapaud et le lézard – par les flaques et les étranges lugubres – où habitent les Goules – en chaque lieu le plus décrié – dans chaque coin le plus mélancolique : – partout le voyageur rencontre effarées, les Réminiscences drapées du Passé – formes ensevelies qui reculent et soupirent quand elles passent près du promeneur, formes aux plis blancs d’amis rendus il y a longtemps, par l’agonie, à la Terre – et au Ciel.

Pour le coeur dont les maux sont légion, c’est une pacifique et calmante région. – Pour l’esprit qui marche parmi l’ombre, c’est – oh! c’est Eldorado! Mais le voyageur, lui, qui voyage au travers, ne peut – n’ose pas la considérer ouvertement. Jamais tel mystère ne s’expose aux faibles yeux humains qui ne sont point fermés ; ainsi le veut son roi, qui a défendu d’y lever la paupière frangée ; et aussi l’Ame en peine qui y passe, ne le contemple qu’à travers des glaces obscurcies.

Par une sombre route nue, hantée de mauvais anges seuls, où une Idole, nommée Nuit, sur un trône noir règne debout, j’ai erré avant de ne revenir que récemment de cette extrême et vague Thulé.

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BROUHAHA

Se peut-il que l’on entende tant de bruits venant d’ailleurs
De mots au sens propre froissé par les rictus des hautes instances
Se peut-il que l’on entende tant de broussailles tant de broutilles
Tant de discours décharnés
Se peut-il que l’on entende tant les échos des mirages
Pendant qu’au-delà de toutes les frontières
Des humanités agonisent
Souffrant de maladies encéphales chroniques
Dans leur impossibilité de fuir
Dans leur impossibilité de la table rase
Elles demeurent lasses sur le parvis civilisé
Sur les marbres sculptés
Lasses et indisposées aux changements
Même cosmiques !

L’heure est au silence
Et tous parlent
Tous écrivent
Déblatèrent
S’acharnent
Analysent
Défendent
Contre-balancent
Déterminent
Informent
Gueulent
Manifestent
Sous-entendent
Prient
Malaxent
Sifflent
Ironisent

Humanités
Dès aujourd’hui
Appelons l’Immanence d’humeurs positives
Édifions des silences de respirations synchrones
Apaisons nos cœurs chamades
Tranquillisons les artères obstruées
Adoucissons la moelle
Berçons les membres

À l’heure du silence
Éveillons-nous
Le regard clair suivant les courbes des horizons à la verticale
Plongeons les racines vers les sommets
Faisons monter la tendance irrationnelle sur le fil discontinu de la conscience
Et tous muets
Soyons attentifs aux brumes que dégagent les âmes
Encore amoindries par de froides coulées des restes de concepts
Encore timides

Visons le réel
Cette prison nécessaire

Génération

Écarquillons les lanternes oculaires
Interceptons les soubassements entrecroisés de la prolifique matière
De l’espace Terre
Des mondes ensemencés

Dans les environnements
De tous temps
Naissent mille enfants
Meurent mille hommes
Mille femmes
Et les feuilles volent là où sévit l’automne
Et les figuiers flambent là où s’écrase le soleil
Chaque hiver tue des cuirassés

À l’heure du silence
Muets
Entendons
À travers nos nervures
À travers les espaces
À travers les êtres
Le murmure du changement
Et Transitons
Humanités
Qu’enfin s’accomplisse
La transformation

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la france et le syndrome du larbin

prenons en de la graine!!!

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MO0_0OM

Un pouète zélé
Est serré aux manettes des plus folles persuasions
Et s’emberlucoque de toutes les sagesses

De cette fusion naît sa fabrique interne
Une entreprise d’imaginaires
Où il abat les mots
Où il s’imprègne des odeurs
Où il joue avec les langues
Où il perd sa raison
C’est de ses rêves que s’édifient ses visions
Instantanément faussées par le pouls jeune
Le pouète fait corps avec les convictions
S’infligeant l’ordre et l’auto-médicamentation
Espérant, dans toute sa naïveté, qu’elles le porteront à la cour humilité

Empiriste des emphases
Transformateur des extases
Visionnaire des déserts
Protecteur des amours
Le pouète
Invente et chante les mondes
Il aime ce pouvoir et se croire libre

À quelques relatives près
Qu’un pouète connaît des heures dantesques
Dans le soir glacial et solitaire
Où tout son esprit prend forme canine
Entendant au-dedans grommelant montrant les dents
Son chien fidèle, remuant la queue à la plus petite caresse encéphale

Il le suit il le pourchasse il le traque jusque dans le lit
Royaume des sens aiguës

Prisonnier de l’esprit qui l’habite et qu’il invente
Œillères aux pantoufles dans sa cage d’ivoire blanc nacré
Ses larmes ruissèlent le long des tourments
L’esprit l’accable et l’oblige à défendre son corps
Des nuisances spectrales du réel

Plus qu’un monde
Le chien
À sa suite sans cesse

Les Idées errent autour de lui
Sautent
Ce sont ses puces
Des apaches à plumes
Gouloulant de la gorge sacrée
L’assaillent et le piratent
Il lève les mains
Sans défense
Se laisse désarmer
Et le chien aboie appelle le maître
Qui est couché reculant en roulant
Comme la vipère en fuite
Dans un effort il bondit
Magistral instinct de survie

Il sort
dehors
Pied nus sur l’hiver

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ANY WHERE

On a cru vu
Les chevaliers des environnements divers
Face au global,
Brasser l’ère en moulinant les bras
Tandis que les membres formaient la bourrasque
Barricader le corridor de leur cœur
Et trancher dans toute la matière conceptuelle
Se consoler des certitudes
Coiffer leurs envies de parures virulentes
Affirmer leur béance
Percevoir dans les muscles et dans l’alentour du pourtour de la carnation
Le ralliement des cellules divisées

On a cru entendu
Les cavaliers des environnements divers
dont le cœur est soupape essentielle
Approuver l’aventure
Détaler des grandes voies formalistes
En transperçant l’ennemi cadre de soi-même
Dessiner des angles de vue
Matérialiser des topiques

On a pu cru
Les humains des environnements divers
Pointer la lune et la faire exister
Et devant sa clarté
Inventer la procession
Et sacrifier la parcelle peureuse
Brandir leur force à rompre les digues
Et combattre à contre courant
Les monuments-racines d’édifications acquises

On eut dû
Panser les douleurs
Soulager les discours
Bercer les heures
Et s’infiltrer
se glisser s’enrober
Du vert et de l’air
Du vent et de l’eau
De la bave et du feu
Prêter l’oreille sensible aux remous de la brousse en nous

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VERSE EAU

La houle sidérale culmine
En dehors du temps des horloges
Dans le trop plein des mondes divisibles mais joints
Se tiennent
Inconsciemment prêtes et actives
Les âmes d’eau
Qui progressent naïvement à travers les cordes mentalement admises
Animées

Dans le maintenant des jours
Par une rare agitation
Tandis que la lune monte et que les poils repoussent

Les âmes d’eau versent dans le monde
Des projections d’éclairs
Fougueuses perspectives
Qui demeurent encore cachées dans leur cœur symbolique

Âmes d’eau
Grandes praticiennes des abstractions concrètes
Générant, à mesure de verser l’eau des fleuves intarissables de vie
Les miracles futurs

Elles se souviennent du cours et du fil
Des frises et des dates
Dans tous leurs gènes
Hantées par les légendes humaines
Des pierres dressées aux sarcophages
Des guillotines aux chaises électriques
Des mines aux usines
Elles s’écoulent entre les évènements
La mémoire en liquide
Regardent vers le loin
Vers des temps d’esquisses
Parvenant à discerner l’ère nouvelle

Opalescentes
Âmes d’eau
Qui, habitées d’espérances sincères,
Métamorphosent le réel

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LE PATIENT

Aux abords du territoire inconnu, encore imprévisiblement perçu
Un esprit s’aventure aux aguets s’apprêtant à appareiller
Dans un port hanté

C’est bien ici
parmi la vie morte qu’il a décidé de sauter
Pieds joints
dans les mondes
Dans ce port

Il élève le trident à tête de paon
Plante le bateleur aux racines des hêtres
Et dans une envolée, chasse le vol des pensées titans

Furtivement caché dans un recoin de porte
Tenace et convaincu de la lumière qu’il émane
L’aile innocente accoudée au bavoir
Soutient le regard
Menton levé

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LUNE D

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Naissance et rôle des sciences de la vie

De Henri Laborit, L’homme imaginant, essai de biologie politique, publié en 1970

Pauvre homme enfermé dans ses déterminismes : ceux de l’extérieur et ceux de l’intérieur, les uns agissant sur les autres, et les autres réagissant sur les uns! Ceux de l’extérieur, du monde matériel et du monde humain : ceux dont il a le plus conscience, ceux qui l’accablent parce qu’il les observe en dehors de lui. ceux de l’intérieur, dont il a partiellement conscience quand il peut en rendre responsable l’environnement, “on, ils”, peu souvent et obscurément. Ceux de l’intérieur dont il n’a pas conscience, parce qu’ils sont lui, son système nerveux et ses glandes, son capital génétique, ceux de tous les hommes, et pourtant différents pour chacun d’eux!

Il a cependant une possibilité de fuite, en montant les marches de l’imagination créatrice, pour aller chercher à l’étage d’au-dessus un déterminisme d’un niveau plus élevé d’organisation. De même que son système neuro-musculaire, don de l’évolution, lui permet comme aux autres espèces animales la fuite ou la lutte à l’égard de l’environnement, l’imagination créatrice particulière à son espèce lui permet d’aller chercher ailleurs ce qu’il nomme la liberté. Il croit l’avoir trouvée à l’étage de ses motivations inconscientes, déterminisme qu’il ignore; il croira la trouver grâce à son imagination créatrice. Du moins lui permettra-t-elle de sortir du cercle étroit où il est enfermé, de même qu’une connaissance précise des lois de la gravitation lui fut nécessaire pour s’arracher à l’attraction terrestre. Là encore, il ne s’agit pas de Liberté, mais de la connaissance de ses déterminismes. Ainsi pour nous, si le capitalisme n’est pas capable d’assurer l’évolution humaine, ce n’est pas seulement parce qu’une classe en exploite une autre, alors qu’elle est elle-même exploitée par ses pauvres déterminismes inconscients. En abandonnant la propriété privée des moyens de production, elle lèguera ces motivations inconscientes aux hommes qui lui succèderont. La preuve en est faite. C’est sans doute moins encore parce que le prolétariat doit assurer son propre destin, ce qu’il ne saurait faire dans l’ignorance des facteurs qui commandent à ce destin et que sa libération à l’égard de la classe dominante ne lui apprendra pas pour autant, que parce que le capitalisme a oublié ce qui nous paraît être la finalité humaine, la connaissance. Il l’a remplacée par le profit pour la domination d’une classe, en endormant l’autre dans une vision digestive du bonheur.

Mais le socialisme à partir de maintenant, au stade des sociétés industrielles, n’aura de chances de participer à l’évolution humaine que s’il fait un effort considérable d’information des masses. Information non seulement des bases du marxisme-léninisme, vieille de près de cent ans et que l’on répète comme un catéchisme, qui ont reçu d’ailleurs une large diffusion sans pour cela entraîner encore l’adhésion de plus grand nombre, mais encore information aussi essentielle concernant le déterminisme biologique de l’individu et des sociétés. On ne peut reprocher à Marx et à Lénine l’ignorance de la moitié du problème socio-économique, compte-tenu de l’ignorance encore récente des disciplines biologiques elles-mêmes concernant les bases biologiques du comportement. Ce qui explique d’ailleurs en partie l’épanouissement des philosophies et des philosophes.

ON ne peut reprocher non plus à bon nombre de leurs successeurs d’avoir confondu la neurophysiologie avec l’oeuvre de Pavlov, aussi importante soit-elle, ou avec leur typologie simpliste, alors que bon nombre de neurophysiologistes eux-mêmes sont essentiellement confinés dans l’électrogénèse cérébrale et demeurent ignorant de l’ultrastructure neuronale et gliale ou de la biochimmie et du métabolisme variés caractéristiques des différents aires cérébrales et sous-tendant leur fonctionnement. ON parle beaucoup ces temps-ci d’interdisciplinarité, mais il faut avoir commencé tôt pour la réaliser. IL faut aussi avoir une méthodologie pour unir fonctionnellement les niveaux d’organisation  et ne pas les confondre, puisqu’à chaque palierd’organisation une fonction nouvelle émerge du nouveau système, et cela jusqu’au comportement. Or, dans cet ensemble rien ne peut être isolé, sans déformer, rien ne peut être isolé que de façon expérimentale, à la recherche de la régulation mais en se souvenant du servo-mécanisme. Est-il pensable que l’on puisse le faire pour l’individu et les groupes sociaux, et que l’on puisse édifier une psychologie et une sociologie qui ne soient pas d’abord bio-chimiques? A moins que l’on se contente de vivre dans un monde de mots réifiés: psychisme, sentiments, essence, affectivités, etc.

Pour qui a participé à des réunions de groupes, professionnels ou autres, pour qui a tenté de demeurer lucide, de prendre au milieu de ces réunions une certaine “distanciation” comme on dit, toutes les confrontations, tous les antagonismes recouverts généralement par le manteau purificateur du discours logique, voire par quelques grands clichés humanitaires, n’apparaissent en fait que l’expression du besoin de domination des individus ou des groupes sociaux, pour la défense d’intérêts souvent pécuniaires, mais au deuxième degré. Au premier, c’est d’abord l’expression des désirs, celui d’être aimé, d’être le plus beau, le plus fort, celui d’être celui qu’on écoute, et qu’on suit, ou de participer au groupe ou à la classe qui commandent et à qui l’on obéit. Le problème économique n’est plus qu’un moyen d’y parvenir ou de conserver ce pouvoir. Celui de participer à cette forme dégradée du désir de reproduction et de perpétuation de l’espèce, que quelques microgrammes d’une drogue psychotrope peuvent transformer radicalement.

Comment s’étonner, si la majorité des hommes n’est pas informée de ces déterminismes, si on ne l’en rend pas pleinement consciente, que les dès soient pipés, que le jeu soit impossible, continuellement truqué, perverti par les “faux beaux sentiments humanitaires”? Les grandes phrases creuses et tristes, les démagogies, les aliénations mentales d’une classe par l’autre, les cultes des héros et des gangsters? On parle souvent aujourd’hui de “démythification” alors qu’il ne s’agit généralement que du remplacement d’un mythe par un autre. ON nous parle de notre société post-industrielle qui doit se transformer en société scientifique. Bien sûr. Mais la science n’est pas seulement extérieure à l’homme, elle n’est pas seulement les fusées, les réacteurs et les moteurs à explosion; elle n’est pas seulement dans les chambres à bulles et les piles atomiques, les quasars et les satellites de télécommunication.La science est aussi dans l’homme, dans l’intimité de ses tissus, en allant à la moindre de ses molécules à son comportement. Tant que cette science-là n’aura pas été intégrée au monde moderne, nul espoir pour l’homme de comprendre quoi que ce soit à ce qui l’entoure, à ses actes, à ses douleurs comme à ses béatitudes. Ou bien il ira les chercher dans le L.S.D ou la marijuana. Il appauvrira son cerveau devenu incapable de comprendre et dont il devine vaguement qu’il est l’organe de ses désillusions, au lieu d’en faire l’instrument de sa richesse et de sa délivrance.

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Engagement et individualisme

Engagement et Induvidualisme

Ce que l’Homme dit “engagé” reproche à celui qui se refuse à l’être, c’est de ne pas déboucher sur la “praxis”, autrement dit sur l’action politique. Il pense que c’est en formant groupe, en s’enrôlant sous une bannière et en manoeuvrant au commandement qu’il fera évoluer le monde. La sémantique est d’ailleurs pleine d’ironie qui fait que ces antimilitaristes utilisent le même mot “d’engagement” pour qualifier leur soumission à un règlement de manoeuvre et l’abandon de leur caractéristique spécifiquement humaine qui est d’imaginer eux-mêmes à chaque minute ce que doit être leur comportement.

Si vous n’êtes pas “engagé”, vous appartenez obligatoirement dans leur classification simpliste à la classe des individualistes petit-bourgeois. On peut d’abord répondre que tout être vivant est individualiste ou aussi bien que l’individualisme est une idée creuse, sans fondement biologique. tout être vivant cherche sa survie individuelle et quand il manque d’imagination, il la recherche dans la sécurité du groupe, surtout si celui-ci est fortement structuré: armée, fonction publique, partis politiques, syndicats. “S’engager”, c’est se montrer individualiste, mais individualiste anxieux. Inversement, on peut aussi bien dire que l’individualiste n’existe pas. Un individu n’est que la synthèse momentanée des générations passées dans une expérience personnelle du monde. Robinson, sur son île, était encore intimement uni à l’humanité entière présente et passée. Ce qui paraît responsable de l’idée fausse “d’individu”, c’est la multiplicité des déterminismes dont il constitue la résultante, et qui nous cache ses liens au monde, dans le temps et dans l’espace. L’individu dans ces conditions commence peut-être au moment où sort de son imagination une structure originale du monde qui n’a pas encore été conçue. Cette création n’est cependant que le résultat de tous ses déterminismes génétiques, sémantiques et personnels, de tout ce qui en fait un être “social”.

On peut penser que l’individu se dresse alors car la structuration qu’il propose de heurtera à l’ensemble des préjugés de l’époque, des croyances du moment, au bon sens si généralement répandu et l’on comprend que son “engagement” soit impossible sans abdication de son individualité. Nul ne peut dire, au moment où il l’exprime, si sa construction est plus “efficace”, sinon plus évolutive, plus riche de possibilités que les constructions antérieures qui ont cours sur le marché social ou scientifique.

Ce sont pourtant ces individus, qui n’existent comme tels que par l’antagonisme qu’ils personnifient avec les idéologies dominantes, qui font peut-être progresser l’humanité, contre son gré le plus souvent, à retardement toujours. Quel rôle est moins “individuel” que celui de faire évoluer l’ensemble des hommes? L’acte le plus collectif de l’individu n’est-il pas avant tout d’être lui-même la véritable expression de ses déterminismes? N’est-ce pas la seule façon d’ajouter quelque chose, si peu soit-il, au trésor humain surtout si les déterminismes le poussent à s’opposer à ceux que cherche à lui imposer la structure sociale dans laquelle il vit?

Si l’individu n’a rien à proposer de mieux que les schémas existants, alors qu’il s”engage” dans l’un ou l’autre camp, peu importe, car aucun progrès ne résultera pour l’humanité de cet engagement individuel. Il viendra grossir la cohorte de ceux qui marchent au pas, et comme l’a écrit Einstein, le bulbe et la moelle suffisent pour cela, le cerveau est inutile.

Le reproche de ne pas déboucher sur la “praxis” est ainsi discutable. Il n’y a pas que l’action de groupe, l’effet de masse, qui soient efficaces. On peut même dire, là encore, que l’histoire montre que ce sont les individus exceptionnelles, parce qu’ayant enfanté une structure nouvelle, qui ont le mieux servi l’évolution humaine. Mais la critique à mon avis la plus valable de l'”engagement”, c’est que l’évolution de l’homme se fait, comme l’a dit Marx avec et après d’autres d’ailleurs, par son action sur le milieu. Et si avec les marxistes, nous admettons que c’est par son travail, aujourd’hui encore, que l’homme agit sur ce milieu, il faut admettre qu’à notre époque c’est d’abord en construisant des machines qu’il assurera le mieux son évolution; mieux que les discours, le simple déterminisme fait qu’il construit des machines pour remplacer sa main. Lorsque les machines seront suffisamment nombreuses et l’homme suffisamment désoeuvré, les classes sociales en seront bouleversées. Combien nous paraîtra désuète la lutte des classes, base fondamentale du marxisme contemporain, et que l’on doit admettre sous peine d’excommunication, de bourgeoisisme, etc…

La lutte des classes n’est qu’un moyen, mais pas un but d’évolution. Ce moyen n’est pas unique, il en est un parmi d’autres. Et les chercheurs par exemple qui trouveront le traitement efficace du cancer auront au moins autant d’influence sur l’équilibre économique et social et sur l’évolution de l’humanité que ceux qui auront ou non pris part à quelques manifestations de groupe sur la voie publique.

Si l’homme ne devait pas changer dans sa structure mentale, il n’y aurait pour l’humanité que deux évolutions possibles: une masse de plus en plus nombreuse, que le socialisme serait incapable d’éduquer, même en fournissant une culture qui tiendrait prisonniers par le nombre quelques “intellectuels”, sorciers indispensables, comme les capitalistes d’aujourd’hui le font déjà à leur profit. Ou bien l’inverse, la domination du monde d’un type huxleyen, par des intellectuels peu nombreux, tenant sous leur domination une foule heureuse parce qu’ignorante, conditionnée entièrement et bien nourrie.

L’engagement ne devient possible qu’en cas de crise aiguë, parce qu’à ce moment-là, l’individu retourne à ses comportements primitifs. Il ne s’agit plus d’être homme pensant, mais de lutter ou fuir suivant le comportement animal le plus instinctif. Comme un combat, dans lequel l’enjeu est la vie même, non de l’individu mais du groupe où ses déterminismes l’ont placé, ne se mène pas seul, on comprend que l’engagement devienne une nécessité. Lorsque l’évolution s’oriente, non vers la synthèse ou le dépassement de deux ensembles antagonistes, mais vers la disparition, par la force brutale, de l’ensemble le plus néocéphalisé, plutôt que le retour vers un état où la fonction pensante est la moins appréciée, où il n’est exigé de l’homme pour sa survie que l’apprentissage de quelques réflexes conditionnés, l’engagement devient logique. Il ne m’apparaît que comme une régression, un choix non pour la pensée, pais pour la vie, contre la mort. Encore faut-il prendre ces trois termes dans leur application à l’espèce, non à l’individu. Qu’importe d’ailleurs, en période de crise, la survie de l’individu? Que l’on se souvienne de la condamnation de Lavoisier : ” La république n’a pas besoin de savants”. C’était vrai. Cette interprétation permet de comprendre certains contemporains incompréhensibles comme ceux par exemple des accusés des procès staliniens. Il s’agissait souvent d’internationalistes convaincus, venus trop tôt dans une révolution qui, pour s’être voulue internationale, en était demeurée au stade de la survie parfois difficile de sociétés ou de groupes sociaux. S’ils ont fait une autocritique reconnaissant leurs torts, sachant le plus souvent qu’ils n’échapperaient pas à la mort, c’est qu’on leur a présenté pendant des mois la situation internationale comme un état de crise. Il était préférable d’abandonner leur utopie d’un monde plus évolué et d’accepter, plutôt qu’une régression vers un état social primitif qu’ils avaient combattu toute leur vie, une régression partielle favorisant la sauvegarde d’un acquis, imparfait, mais qu’ils croyaient capable d’évolution. La “résistance”, partout où elle a pris et prend naissance, réalise une unité à partir de motivations extrêmement diverses, d’idéologies contradictoires. L’homme seul vit dangereusement, mais en période de crise, il ne peut même plus vivre. Peut-il choisir alors le côté de la force, ou de la technique, alors qu’il ne croit qu’à la pensée créatrice? Peut-il choisir le maintien coercitif d’une situation acquise et dominatrice alors qu’il croit au perpétuel changement des organisations humaines? Il choisira toujours le parti du plus faible, de l’opprimé. L’homme digne de ce nom sera toujours un Don Quichotte. Don Quichotte est pitoyable d’avoir combattu seul, en dehors d’une période de crise. Transposez-le dans un cadre révolutionnaire et vous en ferez un authentique héros devant l’image duquel les foules reconnaissantes viendront plus tard s’incliner. L’action propice à l’évolution ne vient pas des Don Quichotte mais des Cervantès. Le plus difficile est de savoir quand commence une crise, quand il est plus efficace de combattre en se mêlant à un sous-ensemble imparfait, plutôt que de penser seul sans agir.

Henri Laborit, in L’Homme imaginant, publié en 1970

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FUMOIR

Potence du monde des poumons hantés

D’où battent des cœurs lents

Une société en ballet de mains

Distinguées blafardes nerveuses molles fermées épanouies qui toutes tiennent la tige

Sévères cupides timides volages terribles belles

Propulsent en un régulier mouvement et avec toute la lenteur du zèle

la sèche

Une caresse dans la bouche qui s’étend jusque dans les profondeurs de la gorge

Et sentir au-dedans

En une parfaite combustion

L’arrière-goût magique de la latte

L’ensemble collectif bavarde aspirant et recrachant les non-sens

Et le monde de l’esprit se vide

Part

S’échappe en fumée

De la santé

Nom d’un Père

De la santé

Dans un avenir sombre projeté

Une maladie soufflera

Filtrant et altérant les sentiments bien gardés

Infestera

Eradiquera

Le rouge et le flux

Alors

L’homme aura deux cœurs quatre reins six doigts plus de seins sept tétons neuf genoux

Et l’invasion prochaine de tumeurs malignes dans l’organe mondial contaminera le corps

Seul outil

Le crucial

D’une vie dans le sens du coffre

Si Grand Dieu l’envie pure nous élève !

Il ne sera pas question de miracle

La broyeuse-retransmetteuse de l’atmosphère

Au-dedans

En résonance spiraludique

Être les cellules du ciel et les particules d’azur

De la santé

Nom d’un Frère

De la santé

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sinner man

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LUNE D

Amour

Mon Enfer

Je te regarde

Je te désire

Tu es l’ombre pleine

Un couloir infini où languir me ravit

Amour

Mon enfer

Les souvenirs me hantent et m’encouragent

De ses grandes suffocations

De ses terribles tremblements d’angoisse

Et c’est alors qu’à travers nous

J’élève des drames

Se cacher du clair de lune

Qui s’apprête à descendre

Ne vouloir voir que du noir

Car en tuant la beauté

J’ai créé le logis dans un abîme de plomb

Où je me love

Et hantée par les plus folles imaginations

De nouvelles chaleurs

Dans un monde meilleur

J’invoque

Devant la vision d’invincibles futurs

Une danse

Une dernière

Amour

Mon enfer

Ranimant le mal par un seul sourire

Et rendre à la vie son pesant de douleur

Se faire subir le feu qui consume

Et l’attiser l’attiser tentant d’atterrir

Au fond

Se vivre éternellement victimes dans une vive ronde

Une tête une queue une morsure fatale

Pour retomber

A demi morts

Dans les vapeurs de l’ancien amour

Amour

Mon enfer

Une danse

Une dernière

Pour la beauté du geste

Inaugurant le lieu du vaste et inoubliable souvenir

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DIWAN

Dans l’atmosphère, une retrouvaille

Entre deux chemins à peine empruntés

Se joue une préméditation sans pareil

Deux cœurs fendus ressuscitent les amants

En présence vivace et mutuelle

Ravivant le battement éternellement

L’effleur de la voûte-taille

Les chairs encastrées

Ondule une tignasse en broussaille

Sous la force d’un vent de poupe en brassé

Les lèvres humectées fredonnent une chanson de paille

Ranimant le feu saisonnier

Une or raison

Une bonne heure

En bémol conforme au diapason

Dévaste toutes les peurs

Transforme les amants en deux gros hameçons

Qui répandent les liqueurs

Jet en un cri

De l’aorte assouvie

Envahissant le reptilien vigie

Du souffle d’une vie

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EMBARCADERE

Sous un ciel d’écailles

Repose une terre humide de lave

Où règne un maître

Un puissant

Qui déclare depuis des lustres

La dynastie tyrannique

Du poisson à l’œil luisant

Au moindre signe d’orgueil retranché

À la seule lumière d’assoiffés de désirs

Ses vautours fiers et adroits

Perpétuent les rafles

Et jettent dans l’oubli les infidèles des heures monotones

Là où leurs plumes rôdent

Certains ne redoutent pas leur suprématie

Ni celle du maître

Un puissant

Certains ne se sont pas résignés

Et vivent

Plutôt

Que d’attendre

La main gantée d’essence d’angoisses

Sur les berges du grand lac des origines

Les drilles aux poils d’or

Paumes en l’air et nues dans l’éther

La chevelure en chemise

Sont en un chœur toutes semblables

Et chantent et ravissent

Les hommes habiles

Qui sautent et gambadent dans le vert

Arrachant l’innocence vivace des jeunes pousses

Pour parer de jasmin les tresses défaites

Qu’en une course désinvolte

Les jeunes volages laissent planer

Des firmaments

Le soleil

Un pendule

Balance le temps infini

Et c’est l’espace entier

En un suc indomptable

Qui pénètre les corps

Et les âmes

Des couches d’hommes et de femmes

Vivent

Plutôt

que d’attendre

Par anticipation

L’anesthésie mortelle

Vivent

Plutôt

Que d’espérer

En vain

Une civilisation

Alors

Dans le jardin

Folle vitalité des mondes

Ne voient plus malgré les présences douteuses

N’entendent plus malgré les alarmes

Ne cachent rien malgré les regards

Ne touchent pas aux semblants de matière

Il ne tient qu’à la seule commune

Au-dessus du pendule

Qu’une embarcation

Et sur le nid de pépins

Décamper à la moindre lueur blafarde

Incorporer au-dedans les reliefs séduisants

S’installer là où la place sied

Rejoindre les bouches rouges

Marcher ou rêver

Simplement

Sur les berges du grand lac des origines

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